La République démocratique du Congo a parcouru un long chemin dans la vulgarisation de la Résolution 2250 du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la Jeunesse, la Paix et la Sécurité. Ce parcours, né dans les conférences internationales, a trouvé son aboutissement le 6 novembre 2021 : l'annonce officielle de la Coalition nationale Jeunesse, Paix et Sécurité de la RDC, au 6ᵉ anniversaire de la résolution.

Rencontre des acteurs de l'agenda Jeunesse, Paix et Sécurité lors du processus de création de la Coalition nationale
Rencontre des acteurs de l'agenda Jeunesse, Paix et Sécurité, lors du processus qui a conduit à la création de la Coalition nationale de la RDC.

Un long cheminement depuis 2015

En 2015, des jeunes Congolais participaient à la conférence internationale sur le rôle de la jeunesse dans la construction d'une paix durable, en Jordanie — une rencontre qui a nourri la réflexion ayant mené, la même année, à l'adoption de la Résolution 2250. En 2017, d'autres prenaient part aux consultations régionales d'Afrique centrale et de l'Ouest sur cette même résolution, au Bénin : leurs contributions ont alimenté les études prospectives commandées par les Nations Unies et facilité l'adoption, en décembre de la même année, d'une seconde résolution consacrée à la jeunesse, à la paix et à la sécurité — la Résolution 2419.

Puis est venue, autour de 2019-2020, une seconde vague : de nombreux activistes congolais se sont emparés de la Résolution 2250 comme d'un outil pour reconquérir leur place dans les processus de décision, à travers des initiatives variées. Cette dynamique a finalement conduit le gouvernement congolais à institutionnaliser, le 28 décembre 2020, via le ministère de la Jeunesse, le Secrétariat Technique National chargé de la mise en œuvre de la Résolution 2250 en RDC (STN-2250/DRC).

Fédérer ce qui est dispersé

Lorsque le STN-2250 a entamé son travail de rapprochement avec les différents partenaires, un constat s'est imposé : de nombreuses structures de jeunesse œuvraient chacune de leur côté, sans se connaître, dans des provinces différentes. Au Kivu-Sud, certaines se réunissaient sous le nom de « Collectif 2250 » ; à Kinshasa, d'autres formaient le « Réseau Tshopo 2250 ». Le travail d'identification a démarré le 6 octobre, et une première réunion s'est tenue le 11 octobre avec les principales structures engagées sur cette thématique :

L'ambition de ces échanges : définir comment doter la RDC de sa propre coalition nationale pour la Jeunesse, la Paix et la Sécurité. Dans cet esprit de collaboration transparente avec toutes les structures de jeunes engagées sur l'agenda YPS, aux niveaux national et provincial.

Jeunes Congolais en atelier sur la résolution 2250

La Coalition n'aura pour seul interlocuteur que la jeunesse congolaise : elle pourra aller frapper là où le Secrétariat technique se sentirait à l'étroit.

Apprendre des coalitions déjà existantes

Conscient à la fois de la confiance que lui confère son statut institutionnel et des limites d'une telle structure en matière de plaidoyer auprès du gouvernement, le STN-2250 a recherché l'accompagnement d'organisations telles que Search for Common Ground (SFCG) et le Bureau de l'Envoyée du Secrétaire général des Nations Unies pour la Jeunesse. S'y est ajouté le Global Network of Women Peacebuilders (GNWP), qui a mis la jeunesse congolaise en relation avec les coalitions YPS des États-Unis, du Canada, du Nigeria, des Philippines et de la Finlande.

La méthode proposée par SFCG — l'impact collectif — se distingue des initiatives de réseau classiques : plutôt qu'un événement unique, une série d'échanges individuels avec les responsables de coalitions ayant déjà parcouru ce chemin, pour en retirer des leçons adaptées au contexte congolais. Ces échanges se sont tenus tout au long du mois de novembre, suivis d'une rencontre de deux jours en ligne regroupant tous les jeunes y ayant pris part, afin de arrêter le modèle convenant à la RDC. La Coalition nationale a ensuite été officiellement présentée à l'occasion du 6ᵉ anniversaire de la Résolution 2250, lors d'une conférence organisée par le STN-2250 à travers le ministère de la Jeunesse et du Service civique.

Objectifs et posture

L'objectif principal de ce processus de jeunes bâtisseurs de paix congolais est l'union des jeunes autour de l'agenda YPS : brainstormer et échanger avec les coalitions qui y sont parvenues, recueillir les enseignements des difficultés rencontrées pour rassembler de multiples structures de jeunesse, et fixer la forme, les valeurs et les critères de la Coalition. Il s'agit d'un processus évolutif, façonné par le contexte et la dynamique congolais. Les résultats attendus : le plaidoyer pour la mise en œuvre effective de l'agenda YPS, l'appui au STN-2250 dans la vulgarisation de la Résolution 2250 à travers diverses initiatives, et la contribution à l'élaboration du Plan d'Action National ainsi qu'à son appropriation par la jeunesse.

Indépendante du STN-2250, la Coalition YPS-RDC en restera néanmoins proche. Institution étatique, le Secrétariat Technique peut voir sa marge de manœuvre limitée en matière de plaidoyer vis-à-vis du gouvernement ; la Coalition, elle, fera foi de contre-pouvoir. Elle gérera son financement seule, disposera de son propre plan d'activités et portera la Résolution 2250 dans tous les coins du pays, dans les différentes langues nationales, à travers les structures de jeunesse. Elle représentera enfin la RDC au sein des coalitions mondiales pour que la voix de la jeunesse congolaise se fasse entendre, à l'intérieur comme à l'extérieur du pays.

Unis, les jeunes Congolais portent désormais une coalition nationale.

De la dispersion des provinces à l'union autour de l'agenda Jeunesse, Paix et Sécurité, la jeunesse congolaise s'est dotée d'une voix propre — pour que la Résolution 2250 ne reste pas un texte, mais devienne une réalité vécue par les jeunes, pour la paix en République démocratique du Congo.

— Salama Women Institute (SAWI), d'après la publication originale de novembre 2021

Partager
Retour à tous les articles